Pour nombre de commentateurs, l’affaire était pliée, les Français allaient se résoudre à accepter une réforme des retraites, comme on supporte le froid en hiver ou la trop grande chaleur en été. C’est désagréable, mais on fait avec !
Après la présentation des mesures gouvernementales le 16 juin, l’ampleur de la journée de mobilisation du 24 juin est venue rappeler à tout ce beau monde que prévoir la météo sociale dans un pays comme la France est un art difficile et parfois... risqué.
Non rien n’est encore joué ! Même s’il n’est pas question pour l’UNSA de tirer des plans sur la comète après cette journée, aussi réussie soit-elle. Nous savons, par expérience, que les mobilisations de juin ne font pas celles de septembre. Mais comme organisation syndicale, nous avons une obligation : celle d’expliquer et d’expliquer encore, pour mieux le combattre, un projet de réforme qui se nourrit de trop d’injustices.
Injuste d’abord le recul des bornes d’âge. Repousser à soixante sept ans l’âge à partir duquel la décote ne s’applique plus, c’est condamner beaucoup de salariés qui n’auront pas les annuités suffisantes, à travailler jusqu’à cet âge. Pour eux qui sont les enfants de la crise, de la précarité et de la dégradation du travail, la retraite à soixante deux ans est une illusion. Seront pénalisées en priorité les femmes qui souffrent le plus de carrières incomplètes.
Injuste la hausse de la cotisation demandée aux fonctionnaires qui s’inscrit dans un contexte de réduction des dépenses publiques et de rigueur salariale qui va se traduire par une baisse conséquente de pouvoir d’achat.
Injuste enfin la répartition des efforts financiers. Sur 40 milliards de recettes à l’horizon 2020, la grande majorité provient des salariés. Les entreprises apporteront seulement 2,5 milliards au pot.
La contribution des hauts revenus sera symbolique avec une augmentation de 40 à 41% du taux marginal du barème de l’impôt sur le revenu, ce qui représentera en euros constants, 290 millions en 2020. Pas de quoi émouvoir dans les gentilhommières !
Au Gouvernement maintenant de bien apprécier cette journée du 24 juin. En ce qui nous concerne, sa réussite doit nous encourager à continuer à défendre une réforme des retraites qui soit juste.



